Le Conseil d’Administration de la Fédération Viniyoga a donné son accord pour que les participants à la commission « éthique et conciliation » se forment aux bases de la médiation des conflits. Aussi, un stage sur ce thème a eu lieu les 13 et 14 janvier 2018 à St Antoine l’Abbaye en Isère. Il était animé par deux formateurs de la FEVE, association née au sein de la communauté de l’Arche de Saint Antoine, eux-mêmes formés à la non violence dans le sillage de Gandhi et de Lanza del Vasto.
 
Nous étions sept participants dont les cinq membres de la commission éthique et conciliation auxquels se sont ajoutés deux participants volontaires sensibilisés à cette thématique. Dans cet article je tenterai de vous présenter l’éventail non exhaustif des outils que nous avons découverts.
 
En tout premier lieu, nous avons tous adhéré à un contrat de sécurité. Celui-ci portait sur les points suivants :
1. Parler en « je » car chacun est responsable de son opinion et s’affirme face aux autres. 
2. Non-jugement d’autrui et de soi-même.
3. STOP ! Priorité au dérangement ! Nous avons tous le droit de nous écouter et de nous retirer si ce qui est dit nous dérange. Cette attitude nous permet également de mieux comprendre les autres.
4. La discrétion et la confidentialité pour que le lieu soit un réel espace de parole permettant de révéler ce qui se passe en chacun.
 
Fort de cette protection, nous avons osé aller plus loin dans l’aventure en réalisant une charte relationnelle nourrie des réponses de chacun à la question suivante :
« En dehors des 4 points du contrat cité ci-dessus, de quoi ai-je besoin pour vivre ici en sécurité et en confiance ? »
 
À l’aide d’apports théoriques entremêlés de jeux, de dessins, de photo-langage, de danse, d’exercices de théâtre forum, de moments de centrage individuels… les formateurs nous ont amené de manière à la fois ludique et profonde à prendre conscience des racines des conflits et de leur possible désamorçage. La Conscience étant la clé du succès de la paix. 
 
Nous avons découvert combien notre force d’énergie vitale qui s’apparente à un instinct de survie, pouvait nous nuire lorsqu’elle se transforme en escalade de violence, ou en chaîne de violence, ou encore en autodestruction. La recette pour éviter qu’une belle et saine énergie ne devienne néfaste ? Tout d’abord prendre le temps de l’observation, un peu de recul est nécessaire lorsque l’on sent poindre l’appel de la violence. En deuxième lieu, s’interroger sur ce que je ressens (colère, tristesse, peur ?). En troisième lieu m’interroger sur mes besoins pour faire face à cette émotion que je viens d’identifier. Puis en dernière instance, me demander quelle action, quelle stratégie je vais mettre en place pour répondre à ce ou ces besoins. Ensuite, peut-être que nous pouvons envisager comment trouver à deux, ensemble, une solution pour les deux personnes.
 
Cette démarche permet de donner un contenant à ses émotions et d ‘éviter les débordements en sachant que la disproportion de nos émotions parle souvent davantage de nous et de notre histoire que de ce qui se passe dans la réalité. 
 
Nous avons fait des exercices d’écoute active en commençant par expérimenter les attitudes à proscrire. Celles qui donnent à celui qui est soi-disant écouté l’envie de fuir ou de démarrer un nouveau conflit. Ces attitudes couramment utilisées dans les relations quotidiennes nuisent à la communication. Les voici : banaliser, juger, enquêter, conseiller, interpréter. Et tout cela avec la meilleure volonté du monde, preuve que l’enfer est pavé de bonnes intentions ! Écouter activement quelqu’un c’est accepter d’être présent à celui qui parle sans l’interrompre, ni le couper de son ressenti. 
 
Nous avons également regardé de plus près nos modes de réactions face à une agression. Sont dénombrés trois modes de réaction :
- un mode en provenance du cerveau reptilien, avec trois possibilités : lutter pour avoir le dessus sur son agresseur, fuir pour se protéger et être pétrifié, faire le mort ; 
- un mode de type mammifère : la collaboration. Il s’agit ici de négocier la satisfaction de ses besoins face aux besoins de l’autre. 
- un mode néo-cortical (humain) : dans ce dernier mode, je (la personne) suis consciente que de me confronter à l’autre, à ce qui me dérange, peut nous faire avancer, cela me révèle et révèle l’autre. Il y a la conscience de deux âmes en présence. Se confronter c’est poser une « sanction » c’est à dire « rendre saint » la relation. 
 
Nous avons terminé ce stage par un bilan très positif, chacun pouvant exprimer son ressenti et quelques outils à mettre en oeuvre au sein de nos conseils d’administration. Le travail de la commission « éthique et conciliation » va se poursuivre par la rédaction d’une charte qui permettra aux adhérents qui souhaitent utiliser cet outil de savoir comment y accéder et à quoi s’attendre. La médiation des conflits doit être pensée pour que chacun se sente respecté et en sécurité.
 
Voici quelques ouvrages qui ont servi à concevoir la formation qui nous a été donné et qui pourront servir dans le travail des membres de la commission. 
 
« La stratégie de la bienveillance » de Juliette TOURNAND, InterEditions
« La communication non violente au quotidien » de MARSHALL B. ROSENBERG
« Accepter l’autre tel qu’il est » de Chantal CALATAYUD, Ed. Jouvence
« Se défendre sans attaquer » de Pat PATFOORT, Ed. Jeugd & Vrede 
« Oser la non violence active » de Alfred BOUR
« Le courage de la non violence » de Jean-Marie MULLER Les Ed. du relié
« Cessez d’être gentil soyez vrai » de Thomas D’ANSEMBOURG Les éd de l’homme
« Développer son empathie » de Sarah FAMERY, Ed. Eyrolles
« Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs », de MARSHALL B. ROSENBERG , Ed. La découverte
 

Marie Francoeur pour la commission éthique et conciliation